DEMOCRATIE

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mardi 2 septembre 2008

Idées fausses sur la dette de l'Etat

La dette publique au 1er trimestre 2008 a fait un bond, passant de 1209 milliards au 31 décembre 07 à 1251 milliards d'euros au 31 mars 08.
Pour l'essentiel, cette dette, c'est celle de l'Etat. En effet les « administrations centrales » selon la terminologie de l'INSEE, ce sont 1061 milliards d'endettement fin mars contre 1027 fin décembre ! Une volonté d'endiguer cette dérive se dessine ; il est grand temps, même s'il vaut mieux tard que jamais. Il est aussi grand temps de remettre quelques pendules à l'heure. Je vous propose donc en 2 billets de visiter – et de démonter - quelques idées fausses sur la dette de l'Etat !
Première idée fausse : La dette a diminué à la fin des années 90.
Pour s'en assurer regardons les chiffres. Entre le 31 décembre 1996 et le 31 décembre 2001, la dette de l'Etat est passée de 585 à 733 milliards d'euros, soit une augmentation de plus de 25 % ... Et ce, malgré la croissance économique des années 96-01 qui générant des recettes fiscales supplémentaires, a réduit le déficit. L'augmentation annuelle de la dette s'est ainsi située à cette époque aux alentours de 4 % l'an. C'est moins que les années précédentes où on est a plus de 10 % l'an ; c'est moins aussi que les années 2002 et 2003 (plus de 8 %) mais c'est plus que les années 2004 et suivantes (moins de 3 % en moyenne). La période du gouvernement Jospin n'a traduit aucune rupture de tendance : au mieux un fléchissement imputable à la reprise de l'activité économique, initialement tirée par l'extérieur. Ce fléchissement demeure tout relatif d'ailleurs car la politique conjoncturelle veut qu'un Etat s'endette en période de récession pour soutenir l'activité et que, par conséquent, il se désendette pendant les périodes de croissance pour se dégager de la marge de manoeuvre. Or, malheureusement, cette marge n'a pas été dégagée : la dette de l'Etat, rappelons le, a augmenté plus vite sur la période 1998-2001 que sur la période 2004 – 2007 en pourcentage (respectivement + 10 % sur les 3 ans et + 9,5 %). Autant dire que notre pays a laissé passer une chance de lancer les réformes de structure dans des conditions correctes pour tous les acteurs concernés. Il n'y a donc pas eu de rupture dans le rythme des « bombes à retardement » engrangées, dont les premiers effets se sont manifestés en même temps que le retournement du cycle économique, lequel a pénalisé les recettes fiscales : absence de réformes des retraites, « 35 heures », qu'il a fallu accompagner de mesures financières – à crédit - pour éviter le désastre social, mais aussi embauches de fonctionnaires. Ce nombre de fonctionnaires (tous statuts confondus) a augmenté de 17 % entre 1994 et 2005 – soit un rythme quasiment 2 fois supérieur à celui de la population active - avec une légère accélération durant les années Jospin. Or embaucher un fonctionnaire surnuméraire est un coût quasi-irréversible pour la collectivité : non seulement, il est à charge jusqu'à la fin de sa carrière mais aussi en raison des modalités de financement des régimes spéciaux (payés pour l'essentiel par le contribuable), il reste à charge de la collectivité jusqu'à la fin de sa vie. A cet égard, soulignons que dans les années à venir les dépenses publiques locales vont être tirées vers le haut sous l'effet des départs massifs à la retraite de fonctionnaires territoriaux. Et comme il n'y a pas eu de réformes suffisantes, ce sont des promesses de hausse d'impôt ou de nouvelles dettes. Avec dans tous les cas, la garantie d'une paupérisation de la collectivité ! Ce n'est pas par hasard si la France se glisse tout doucement parmi les pays les moins riches de la Communauté Européenne.
Deuxième idée fausse : la dette de l'Etat correspond au financement des investissements publics.
L'Etat emprunte chaque année aux alentours de 110 milliards à moyen et long terme. Ses investissements représentent environ 10 milliards. Soit 10 fois moins. « Quod erat demonstrandum » (« ce qu'il fallait démontrer) eût dit jadis un de mes professeurs de mathématiques.
L'Etat rembourse ses échéances de prêt par de nouveaux prêts ; il finance du fonctionnement par de l'emprunt La conséquence, c'est que les générations à venir n'en tireront aucun bénéfice. Simplement une réduction de leur pouvoir d'achat.
Ils se consoleront peut être en pensant qu'au moins leurs parents en auront bien profité.
Piètre consolation.

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