DEMOCRATIE

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jeudi 25 septembre 2008

La présidence du Sénat ! REVUE DE PRESSE


Les éditorialistes commentent, jeudi 25 septembre, l'élection de Gérard Larcher à la présidence du Sénat et l'éviction de Jean-Pierre Raffarin :

LE PROGRES Francis Brochet"Edouard Herriot quitta très jeune le sénat, pour vieillir à la chambre des députés. Il en concluait: " Le sénat est une assemblée de notables réactionnaires, dont les méfaits sont heureusement compensés par la mortalité". (...) C'était méchant, et plutôt juste : un sénat jeune et de gauche, cela ne s'est jamais vu. Mais tout va changer, promet Gérard Larcher. Elu hier président, il a juré de gagner " la bataille de l'image " C'est très moderne, de penser à la télévision avant les institutions. Mais pour le reste, on plonge dans le dubitatif : Larcher, rénovateur du sénat? Larcher, ancien Bébé Blédine qui entretient ses rondeurs comme on polit le consensus. Larcher, dévot de toutes les chapelles jusqu'à se confesser "transchrétien " - ou centriste, tendance bénitier. Larcher, révolutionnaire? Ne moquons pas Gérard Larcher, il a un atout, décisif au sénat : il est jeune, il n'a que 59 ans."

LE MIDI LIBRE Philippe Palat"Raffarin, l'inventeur de la France d'en bas, tombe de haut. (...) A l'évidence, le long marathon politico-médiatique de l'ex-Premier ministre s'est brisé sur les récifs gaullistes, encore très actifs dans les alcôves du palais du Luxembourg. A l'évidence encore, le carnet d'adresses international de l'ex-président de la région Poitou-Charentes n'a pas pesé lourd face aux puissants liens maçonniques de son rival. N'empêche : au-delà de la défaite personnelle de Jean-Pierre Raffarin, c'est aussi un carton rouge que les sénateurs de droite ont adressé hier à l'Exécutif. Par tradition, le Sénat a toujours brandi son indépendance par rapport aux états-majors politiques. En naviguant dans les eaux sarkozyennes depuis la campagne présidentielle, en recherchant un soutien politicien de circonstance, « le Pompidou poitevin a couru à sa perte."

LE TELEGRAMME Hubert Coudurier "Exit donc Jean-Pierre Raffarin, qui a commis quelques erreurs comme celle de se prévaloir du soutien garanti du chef de l'Etat avant de prôner tardivement l'indépendance du Sénat face à l'Exécutif. (...) le sénateur de la Vienne aurait dû s'émanciper du nouveau chef de l'Etat plutôt que de rechercher un improbable soutien de l'Elysée qui ne voulait s'engager en faveur de personne. "Il en fait trop", laissaient d'ailleurs entendre les collaborateurs de Nicolas Sarkozy. Par ailleurs, l'argument, selon lequel le fait de ne pas être issu du RPR au sein de l'UMP lui aurait donné plus de poids, n'a pas joué. En somme, être nommé à un poste est une chose. Etre élu est autrement plus complexe et suppose de ne rien laisser au hasard. Surtout, il faut s'émanciper pour prétendre rassembler. Jean-Pierre Raffarin avait beau dire que la relation d'inféodation existant entre François Fillon et Nicolas Sarkozy n'aurait pas été possible entre lui et Chirac, il s'est montré trop sûr de lui dans cette compétition complexe."
L'UNION Hervé Chabaud "La victoire sans bavure aux primaires UMP de Gérard Larcher illustre la volonté des néogaullistes de conserver la présidence du Sénat. Elle conforte leur ascendant au sein du parti présidentiel sur les libéraux et centristes qui les ont rejoints. (...) Sous ses rondeurs et son sourire jovial se cache un négociateur de talent qui est aussi un homme à poigne. En tout cas, sur l'échiquier majoritaire, il a fait échec et mat l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac. Comme si on lui faisait grief de son passage à Matignon. (...) S'il veut imprimer sa marque, il lui faut redonner du lustre à la Haute assemblée qui n'a jamais été aussi critiquée que depuis le référendum de sa mise à mort en 1969. Elle est regardée comme une principauté de privilégiés plus soucieux de verrouiller leurs petits avantages que de contribuer à l'élaboration de la loi avec le souci de l'intérêt général. Il faut en finir avec ces clichés réducteurs et dévastateurs."

L'INDEPENDANT DU MIDI Bernard Revel"A l'arrivée, la pente fut si forte que Raffarin dégringola et plus dure fut la chute. L'ancien Premier ministre s'en relèvera-t-il? Nettement battu par celui qui fut son ministre délégué au Travail, il est victime à la fois de son excès de confiance et de la nouvelle donne créée par le scrutin du 21 septembre qui a vu à la fois une forte poussée de la gauche et un rajeunissement des élus. Eh oui, le Sénat change et la droite voit déjà se profiler en 2011 la perte d'une majorité qu'elle détient depuis 1958. Dans un contexte qui lui est plutôt défavorable, elle a préféré jouer la carte Larcher qui a une image moins marquée et plus dynamique que celle de Raffarin. L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac rêvait d'être le deuxième personnage de l'Etat. L'opportunité qui s'offrait à lui avait été le principal moteur de son action politique depuis son ralliement à Nicolas Sarkozy. Le rêve est passé. Jean-Pierre Raffarin reste un simple sénateur, soudain relégué par ses propres pairs de l'UMP dans sa condition d'homme du passé. "

LA REPUBLIQUE DU CENTRE Jacques Camus"Ce pourrait être la dernière "raffarinade"en date après la primaire UMP pour la future présidence du Sénat: "L'Assemblée est haute mais les coups volent bas". L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a en effet été nettement battu dès le premier tour de scrutin par son ministre délégué au Travail de l'époque, Gérard Larcher. (...) Tout cela s'est déroulé dans un silence feutré. C'est bien connu, les votes du Sénat sont impénétrables. Et les sénateurs, quoi qu'on en dise, sont incorrigiblement mutins. Il a suffi que Jean-Pierre Raffarin se prévale de ses bons rapports avec Nicolas Sarkozy et promette plus de visibilité et de notoriété au Sénat à travers sa stature nationale, pour que les "sénateurs de base" se tournent vers Gérard Larcher, homme du sérail et de la proximité. Jaloux de son indépendance et de ses pouvoirs, le Sénat n'est pas seulement "l'anomalie démocratique" dénoncée par certains. C'est aussi un peu une énigme politique. "

LA LIBERTE DE L'EST Gérard Noel "Est-ce une surprise ? Oui sans doute pour ceux qui jugeaient que l' ex-Premier ministre de Jacques Chirac avait une image d'homme d'Etat susceptible de le propulser sur "le plateau". Seulement les sénateurs ne sont pas forcément éblouis par la notoriété et tout se joue dans le contact personnalisé auprès des chers collègues. D'ailleurs qui aurait osé miser en 1998 sur les chances de Christian Poncelet de succéder à René Monory et d' obtenir ce qu'il qualifia dans son allocution inaugurale de "couronnement républicain". On imagine la déception de Raffarin qui en viendra sans doute à s'interroger sur l'effet négatif de sa proximité revendiquée avec Nicolas Sarkozy ou a contrario sur son étiquette d'ancien UDF. Ce qui est sûr, c'est que l'homme de "la nouvelle gouvernance" durant son passage à Matignon ne pourra faire de la vénérable maison une institution "libre et moderne" ainsi qu'il le proclamait."

LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST Hervé Cannet" Quand Jean-Pierre Raffarin, qui surfait sur sa réputation, son envergure internationale, son image, s'est réveillé, il était déjà un peu tard. Sur le terrain du lobbying, le Poitevin s'est aussi laissé distancer par le Normand. Les réseaux de celui qui sera le successeur de Christian Poncelet ont su trouver les caisses de résonance efficaces. Du coup, la " descente " de Nicolas Sarkozy en Poitou-Charentes a eu un goût de " un peu trop " et le repas avec Jacques Chirac, très (trop ?) médiatisé a été le coup de grâce. Les Présidents de la République n'ont pas de place dans le jeu subtil du Palais du Luxembourg. Ceux qui se gaussaient déjà du chabichou de Ségolène Royal vont pouvoir rajouter une comparaison culinaire à leur actif et surnommer, après une pareille déconvenue, Jean-Pierre Raffarin, le " broyé du Poitou ". "

LE DAUPHINE LIBERE Didier Pobel "Après "l'enfer de Matignon", le Golgotha du Sénat. Rien, décidément, ne sera épargné à Jean-Pierre Raffarin. La défaite qu'il a subie, lors de la primaire UMP pour la présidence du Palais du Luxembourg, est carrément humiliante. Non seulement il se retrouve largué à 22 voix d'écart, mais son tombeur, Gérard Larcher, n'est autre que son ex-ministre délégué au Travail. "C'était une belle finale. Bravo au vainqueur!", a-t-il lancé en faisant plus que jamais le dos rond, mais sans pouvoir dissimuler ses yeux embués. La vie politique a beau être un univers dans lequel on s'endurcit, on n'en reste pas moins homme et il y avait ainsi, inévitablement, quelque chose d'émouvant dans ce énième basculement de notre "Culbuto" de la République. Se relèvera-t-il, cette fois-ci? On voit mal comment. C'est que l'élu de Poitou-Charentes, au nez de rugbyman et au pas de chanoine provincial, n'était peut-être, au fond, pas destiné à aller brûler ses ambitions sur l'autel sacrificiel du pouvoir."

LA MONTAGNE Daniel Ruiz"La défaite était prévisible, la gifle est retentissante pour Jean-Pierre Raffarin ! En un seul tour de scrutin, Gérard Larcher a été désigné par ses pairs du sénat pour être candidat, le 1er octobre, au siège de deuxième personnage de l'État. Rondeurs de chanoines et sourires carnassiers, le duel sans merci qui les a opposés, a mis à mal la légendaire courtoisie du Luxembourg. Les perfidies se sont succédées dans une bataille qui, il est vrai, valait bien la chandelle et quelques coups de canif dans la ouate ordinaire et dorée des ors républicains. Jean-Pierre Raffarin savait qu'il n'était pas favori face au très habile Larcher qui prépare son affaire depuis un an et avait même refusé le portefeuille de l'agriculture. L'ancien Premier ministre a bien tenté d'inverser l'inéluctable en se donnant une légitimité par la communication, mais il en a trop fait. (...) Jean-Pierre Raffarin paye aussi sans doute son passé giscardien dans cette haute assemblée où la généalogie politique alimente de tenaces rancunes."

LA PRESSE DE LA MANCHE Jean Levallois"Gérard Larcher, en fait, est un sénateur bon teint qui connaît et qui aime le Palais du Luxembourg où il compte, au-delà des étiquettes et des tendances, de solides amitiés. Jean-Pierre Raffarin vient, pour sa part, de la filière UDF, mais il était proche de Jacques Chirac qui, en 2002, en fit son Premier ministre. On pouvait penser qu'il était le plus apte à rassembler les voix centristes sur son nom. Mais la personnalité des candidats a peut-être été plus déterminante encore que leur parcours politique. Gérard Larcher a un tempérament plus dynamique que Jean-Pierre Raffarin. Et dans un Sénat qui vient d'être renouvelé, qui se rajeunit et qui se féminise, le groupe UMP a sans doute voulu que ce soit un personnage tonique qui s'engage dans une évolution plus profonde de la Haute assemblée."

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