DEMOCRATIE

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mercredi 22 octobre 2008

Crise: le pire est-il à venir ?



Voilà soixante-dix-neuf ans exactement débutait la crise de 1929 : à la débâcle boursière succédait la dépression économique, puis la catastrophe politique. Faut-il s'attendre à un remake des années 1930 ? Revue des scénarios possibles.
C'est le jeudi 24 octobre que la panique, pour la première fois, s'est emparée de Wall Street. Faute d'acheteurs, le marché s'effondre et, à la mi-journée, la Bourse abandonne plus de 22 %. Un conglomérat de banques se forme dans l'urgence pour limiter les dégâts.
1929-2008 : mêmes causes, mêmes effets ?
Des causes similaires Dans les deux cas, on assiste à l'éclatement d'une bulle spéculative (boursière à l'époque, immobilière aujourd'hui), qui entraîne une chute des cours (- 85 % en trois ans à l'époque, - 40 % déjà en 14 mois cette fois-ci) et une crise bancaire généralisée.
Un traitement différentEn 1929, la banque centrale américaine, la Fed, avait tardé à prendre la mesure de la crise. Cette fois, les autorités politiques et monétaires ont réagi rapidement, en injectant des liquidités et en baissant leurs taux directeurs. Mais elles ont fait d'autres erreurs, laissant notamment tomber Lehman Brothers, dont la faillite a déstabilisé tout le système financier.
Quid des conséquences économiques ?Entre 1929 et 1933, aux Etats-Unis, la production industrielle a chuté de moitié, le produit intérieur brut de 30 %, tandis que le chômage explosait pour atteindre un quart de la population active. On n'en est pas encore là...
« Il y a eu une petite quantité de vente à perte à la Bourse en raison de conditions techniques sur le marché, rassure Thomas Lamont, un dirigeant de la banque J. P. Morgan. [La situation est] susceptible de s'améliorer. »
Ainsi débuta, il y a exactement soixante-dix-neuf ans, la crise de 1929. L'avidité de quelques-uns, l'aveuglement des autorités et des observateurs, l'indifférence du plus grand nombre débouchaient sur un krach boursier sans précédent, puis sur la Grande Dépression. Les années 1930 sont-elles de retour ?
Le scénario islandais : la glaciation
Quelle sera l'ampleur du ralentissement dans les pays occidentaux ? Tout dépendra de l'efficacité des plans de sauvetage mis en place la semaine passée (4 000 milliards de dollars au total). « Les Etats ont fait tapis, comme au poker, estime l'éditorialiste de L'Express, Jacques Attali. Ils ont bluffé, dans l'espoir que les marchés n'iraient pas voir ce qu'ils ont dans leur jeu. Mais rien n'est moins sûr... »
Le pari pourrait se révéler payant, si de nouvelles mines n'explosent pas dans le système financier. Or ce dernier est encore encombré de nombreuses armes de destruction massive. Les fonds spéculatifs, les fameux hedge funds, d'abord, qui pourraient bien être les prochaines victimes de la contagion (cliquer ici).
Les credit default swaps (CDS), ensuite : il s'agit au départ d'instruments d'assurances contre les défauts de paiement. Les petits génies de la finance les ont transformés en produits spéculatifs hautement inflammables, disséminés un peu partout dans le système, pour un montant total de près de 60 000 milliards de dollars [l'équivalent du PIB mondial]. Enfin, on peut craindre un effet boomerang de l'économie sur la finance, si les entreprises (les constructeurs automobiles américains sont au bord de la faillite) ou les particuliers (très endettés, notamment par le biais de leurs cartes de paiement) se trouvaient dans l'incapacité de rembourser leurs prêts.
Autant de déflagrations qui pourraient amener les banques à se présenter plus massivement que prévu aux guichets de refinancement ouverts par les Etats. La question de la soutenabilité de la dette publique pourrait alors finir par se poser.
C'est ce qui s'est produit pour l'Islande, dont l'économie, gonflée à bloc par un secteur financier hypertrophié (sept fois le PIB), a explosé en vol. Au bord de la banqueroute, le pays - dont la dette a été dégradée par toutes les agences de notation - en a été réduit à quémander 4 milliards d'euros à la Russie. Et la dépression est désormais actée (plus de 10 % de recul de l'activité dans les prochaines années, selon les économistes).
Les pays les plus endettés (l'Italie) ou les plus dépendants du secteur financier (les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou encore l'Espagne) pourraient se trouver à leur tour en difficulté, contraints de se refinancer à un coût élevé. Avec un risque de contagion à l'ensemble des pays développés, y compris la France (voir page 98).
L'ampleur de la dépression ne tiendrait alors qu'à un fil rouge : la capacité des pays émergents, et en particulier de la Chine - qui sont les principaux prêteurs de l'Occident - à continuer à lui fournir des capitaux. Si la Chine tient, nos pays pourraient alors connaître un scénario semblable au Japon des années 1990 : une récession longue, mais supportable. Mais si la Chine craque...
Le scénario hollywoodien : le happy end
Le pire n'est pas toujours sûr. Mais, pour que le scénario catastrophe soit déjoué, un certain nombre de conditions sont requises. La première : que le système financier, en équilibre instable, ne fasse pas de grave rechute. La seconde : que l'argent des Etats soit bien utilisé par les banques pour financer l'économie, et non pour reconstituer leur pelote. La confiance pourrait alors revenir plus vite que prévu, enclenchant ainsi un cercle vertueux.
« Dans la crise actuelle, il y a beaucoup de facteurs psychologiques, rappelle Christian Parisot, chef économiste chez Aurel Leven. Ce sont eux qui paralysent tout le monde. » Les Bourses pourraient alors, elles aussi, rebondir : beaucoup d'experts estiment en effet que le scénario d'une grave récession est déjà inscrit dans les cours. Dernier point positif : l'éclatement de la bulle des matières premières, qui limite pour l'heure les risques d'inflation, et pourrait engager les grandes banques centrales à baisser à nouveau leurs taux pour relancer la machine.
Alors, scénario noir ou scénario rose ? Au-delà des mécanismes économiques, la réponse dépendra surtout de la volonté de coopération des Etats. La mise en place de nouvelles règles de fonctionnement des marchés financiers est en effet une condition sine qua non du retour durable de la confiance.
En tête des priorités : l'interdiction des paradis fiscaux, le contrôle des rémunérations, l'encadrement des fonds spéculatifs et des marchés à terme. Au-delà - et ce ne sera pas le plus facile - c'est tout le fonctionnement du capitalisme qui est à repenser au niveau international. « Toute la question, conclut Attali, est de savoir si le monde se trouve en mars 1933 en Allemagne [proclamation du IIIe Reich] ou en mars 1933 aux Etats-Unis [mise en place du New Deal]. » Aux politiques d'être à la hauteur...

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